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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:47

Tout a commencé l'an passé lorsque j'ai fait la rencontre de Gonzalo lors d'un voyage à Cuba...


Le courant est tout de suite passé, et lorsqu'il m'a parlé de son pays (La Patagonie) et surtout de la pêche qu'il pratique là-bas, je savais que cela me plairait!


Pour moi, la Patagonie rimait avec pêche lourde (gros streamer), des eaux couleurs thé et beaucoup de vent!


Gonzalo m'a ainsi expliqué qu'il n'en était rien et que dans la zone où il guide, les eaux sont cristallines, la pêche généralement se passe en sèche ou nymphe légère, comme on aime pratiquer! Alors certes il y a du vent, mais selon lui, cela reste tout à fait "pêchable".

Et de fil en aiguille, en fin d’année dernière, nous voici donc avec des billets pour Esquel pour découvrir Argentina Waters... Le départ a lieu le jour de la St Valentin, mais "madame" est conciliante, et c'est même elle qui nous emmène à l'aéroport!


Quasiment 24h plus tard, je sens l'avion qui amorce sa descente et en regardant par le hublot, je ne vois qu'un immense désert!!! Mais où va-t-on atterrir??? Finalement une petite piste apparait et nous retrouvons finalement sans encombre, la terre ferme.
Laura, la femme à Gonzalo est là pour nous récupérer. Elle nous dépose à notre magnifique petit chalet en bois, qui nous servira de logement durant la première partie du séjour, puis nous discutons du déroulement de la semaine, autour d'une petite bière!

Après avoir fini sa journée de guidage avec un couple américano-canadien, Gonzalo nous retrouve, et rendez-vous est fixé le lendemain matin à 8h30 pour faire la connaissance des truites patagoniennes!


Pour ce premier jour, nous allons découvrir une pêche que l'on ne pratique pas en France : la pêche en Drift Boat. Cette pêche consiste à descendre la rivière, portés par le courant et lorsque l'on arrive sur les "hot spots", le guide rame à contre-courant, afin de ralentir la descente pour que l'on pêche plus assidûment ces secteurs!


Le Drift boat de Gonzalo est juste magnifique! C'est un argentin qui l’a construit, tout à la main, et c'est réellement du bonheur de pêcher dans un si beau bateau!

Viva Patagonia!

Mais il n'y a pas que le bateau qui est beau... Le paysage l'est tout autant, et que dire de la rivière!

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

Le Rio Futaleufu a une largeur moyenne d'une petite centaine de mètres, les courants alternent avec de grands profonds, nous permettant d'avoir des coups variés, et surtout une eau cristalline!


La pêche se fera essentiellement en sèches, avec des terrestres. Soit des sauterelles, car les bordures en sont "infestées", et au moindre coup de vent elles finissent dans l’eau ; Ou sinon, avec une imitation de coléoptère (scarabée), qui m’a valu quelques jolis coups de ligne.


Pas mal d'arcs, mais aussi de belles farios, comme ce doublé que l'on réussira à faire avec Julien, mon partenaire!

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

Les bras morts sont aussi très bons à exploiter à vue... C'est le moins que l'on puisse dire, à la vue de cette magnifique "marrones", comme les appellent les argentins!

Viva Patagonia!

Cette première journée s'est bizarrement déroulée en deux étapes : une matinée géniale et une après-midi très calme! A se demander où étaient passés les poissons...

Le lendemain, Gonzalo doit repartir guider le couple américano-canadien, et c'est son collègue Nico qui va s'occuper de nous. Là, direction le Parc National pour pêcher une rivière mythique de la Patagonie : El Rio Rivadavia!

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

C'est rivière située entre deux lacs est bien connue pour ses grosses farios! Malheureusement nous ne ferons que les voir... "Les belles" étaient peu, voir pas actives et bien calées dans les profonds!


Mais de magnifiques arcs nous ferons l'honneur de "visiter" nos épuisettes...

Viva Patagonia!

Arrivés à mi-parcours, Nico nous explique qu'il y a un petit Spring Creek (petite rivière de résurgence) où il y a de jolis poissons mais pas évident à pêcher...


Ça, ça nous intéresse!


Et en effet, après un petit quart d'heure de marche, à travers « La Pampa patagonienne », nous trouvons cette petite rivière, au milieu de nulle part!

Viva Patagonia!

La pêche se passe comme on la pratique en Franche Comté! Petite nymphe peu lestée et lancer arbalète.


A ce petit jeu, on s'est régalé, et Nico nous avoue avoir rarement vu autant de poissons à l'épuisette, dans ce Spring Creek...

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

On s'est tellement amusé que l’on n’a pas vu le temps passer... Du coup, Nico est obligé de faire la descente rapidement, tout à la rame, afin que l'on ne soit pas en retard pour partager un repas chez Gonzalo, cuisiné de main de maître, par Laura!

Pour ce troisième jour, cap au Sud ! On prend la route de Rio Pico, et au 2/3 de la route, enfin de la piste, nous nous arrêtons à l'exutoire du Lac Vinter.

Viva Patagonia!

Ici le vent est bien présent et les courants puissants! Donc, pas de pêche à vue, ni de pêche en sèche, mais de la pêche plus lourde! Mais il y a une bonne raison à cette pêche "moins fun"... La présence de beaux et gros ombles de fontaine!!!


Nous commençons en nymphe au fil, et dans le premier courant, j'en fais un "petit".

Viva Patagonia!

Les courants suivants, pas de touches. Puis nous arrivons AU pool!


Ici, Gonzalo nous dit de vraiment insister car généralement, il y a une bonne concentration!


La nymphe au fil ne donne rien, et je décide d'essayer un truc qui m'a déjà valu déjà quelques poissons en France : Le streamer au fil! La technique consiste à remplacer la nymphe par un stream, et de le laisser dériver, inerte, porté par les flots.


Les touches sont discrètes, mais bien présentes! Cela finira par nous rapporter une bonne dizaine de bons gros Salvelinus Fontinalis.

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!
Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

Une fois le pool bien peigné, nous descendons sur le pool suivant. La berge est encombrée et le pool profond, du coup, c'est dur à pêcher, mais nous réussissons à en faire un chacun!

Viva Patagonia!

Il est temps de reprendre la route pour rejoindre notre second logement qui est un peu après Rio Pico. Sur la route nous passons le long du fameux Lago 3! Un lac splendide où il y a une très bonne population de grosses truites. A faire peut être, si l'on a un moment...


4ème jour, nous faisons LA rivière qu'il faut faire lorsque l'on est aux alentours de Rio Pico.

Viva Patagonia!

Il y a des poissons partout, et la pêche est un vrai régal!


Les farios ne sont pas trop de sortie le matin, mais les arcs sont bien présentes...

Viva Patagonia!

Au cours de cette matinée, nous aurons l'occasion aussi de pouvoir observer un oiseau typique de la Patagonie : le Kingfisher (sorte de très gros Martin Pêcheur).

Viva Patagonia!

Plus on avance dans l'après-midi, plus nous commençons à voir les farios sortir... De magnifiques poissons d'une cinquantaine de centimètres. C'est Julien qui fera la première, puis j'en perds une dans un tas de bois, avant une folle fin de journée!

Viva Patagonia!

Je vais d'ailleurs vous compter cette fin de journée, qui est totalement, incroyable!!! Incroyable étant le bon mot, car si on me raconte cette histoire, j'aurai bien du mal à y croire...

La journée se termine donc, et je n'ai toujours pas mis une belle fario à l'épuisette. Il est l'heure, et Gonzalo et Julien quittent la rivière pour regagner le chemin! Il reste un dernier courant et je décide d’y jeter un coup d’oeil, avant de quitter la rivière.


En haut du courant, j'en trouve une dans très peu d'eau, du coup, je les rappelle. Mais en attendant qu'ils me rejoignent, je n'en vois pas une mais deux, avec une seconde, quelques mètres plus en amont.


J'attaque donc la première avec une grosse imitation de scarabée en hameçon de 4!!! C'est gros, mais en plein courant, pour la décider, il faut bien ça! Le premier passage est le bon, et la truite engouffre ma mouche. Gros ferrage, c'est bon, elle y est! Bien sûr, elle décide de filer dans le tas de bois juste à l'aval, et grâce à Gonzalo, le combat peut continuer, et je finis par la glisser à l'épuisette!!! Je suis heureux car à force d'insister, je l'ai eue ma belle fario!

Viva Patagonia!

Durant la séance photo, Julien décide de remonter pour voir si la seconde qui était située quelques mètres en amont, est encore là... Et c'est bien le cas!


Il décide donc de la tenter, mais après plusieurs passages, il s'accroche... Du coup, il tire dans tous les sens pour se libérer. Et après une trentaine de secondes à tenter de se décrocher, commence "l'incroyable"!


Et oui!!! Julien n'était pas pris au fond, mais avait bien la truite au bout. Et cette dernière, pas contente commence à donner des coups de tête et à dévaler... Bien sûr, elle visite le même tas de bois que la mienne! Gonzalo prend le relais quelques instants, le temps de récupérer la canne derrière l’obstacle, alors que moi, plus à l'aval je soulève une autre branche pour qu'il puisse la suivre. La suivre car elle dévale bien une centaine de mètres avant de se poser au fond, "tankée" dans un bout de branche qui traine au fond...


Il arrive sur ce "bout de branche" et voit la truite posée au fond...
Il me dit : "approche toi avec ton épuisette, je vais essayer de la prendre à la main (vu qu'elle est dans ce "bout de branche), et te la mettre dans le filet."


Il glisse doucement sa main, arrive à se saisir de la truite et la met dans mon épuisette! OK, elle y est! Mais pas de fil, ou de mouche dans la gueule???


Avant de sauter de joie, il regarde au fond, et voit une autre truite???
Même manœuvre, et même résultat! Et une nouvelle fois cette nouvelle truite n'avait ni fil, ni mouche dans la gueule???


Totalement inexplicable, et donc totalement improbable!!!
Le fameux "coup à la Boullier", quoi...

Viva Patagonia!

Selon moi, il devait en avoir une qui devait être au bout et qui a du se dépiquer dans ce bout de branche et après ce lourd combat, elle devait s'y sentir en sécurité pour "se reposer", mais pour ce qui est du second poisson... Là, c'est vraiment "incrediblé", comme l'a répété toute la soirée Gonzalo...


En tous les cas, cette histoire restera de longues années dans nos mémoires à tous les trois, et pour célébrer un tel coup de ligne, le soir, on a même eu le droit au "Champagne made in Argentina"!


C’est déjà l’avant dernier jour, et nous nous dirigeons vers un affluent de la rivière d’hier.

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

La matinée commence doucement pour moi, alors que Julien a fait déjà plusieurs poissons…

Viva Patagonia!

Une nouvelle fois, c’est la pêche en sèche qui nous rapporte le plus de poissons, essentiellement des arcs.

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

Après la petite pause casse-croute, Gonzalo nous fais un petit plaisir en nous sortant un « Cohiba from Cuba ». De bons souvenirs de la saison passée !

Viva Patagonia!

En milieu d’après-midi, on remonte sur un petit Spring Creek, où nous ferons chacun un joli poisson, et où je vais perdre une belle fario…

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

Nous nous arrêtons un peu après, afin de nous rendre au Lago 3 pour faire le coup du soir.


Le vent est encore bien présent sur le lac, limitant les éclosions de Caddis. On décide d’attaquer le long d’une roselière, Julien en nymphe « strippé » (c’est-à-dire en ramenant la soie) et moi au streamer ! Il loupera un jolie touche et moi, je casserai sur un beau poisson ! Nous nous dirigeons maintenant vers une bordure caillouteuse… Et dès les premiers lancers, je fais une jolie arc d’une cinquantaine de centimètres. Suivie d’une seconde un peu plus loin mais qui finira par se « soucher » dans un herbier !


De son côté, Julien trouve quelques gobages, dans la pénombre, et réussit à en faire une aussi !


La nuit est maintenant tombée, et il est temps de rentrer à la maison afin de déguster un nouveau plat délicieux de Laura… Faut dire qu’elle nous a gâté toute la semaine, car tous les repas ont été succulents !!!


Et puis voilà le dernier jour arrivé… La rivière est magnifique, serpentant au milieu de l’herbe verte, avec par moment du couvert végétal, des cailloux, quelques pools, bref, une nouvelle fois, une rivière très intéressante à pêcher !

Viva Patagonia!

Au cours de la matinée, on aura même la chance de croiser les fameux Gauchos, le béret vissé sur la tête ! Les voir encadrer et diriger les troupeaux sur les beaux chevaux et aidés de leur Border Collie, est vraiment un spectacle magnifique !


Mais revenons-en à la pêche ! La part de farios est ici, un peu supérieure à la moyenne des rivières déjà pêchées, mais c’est avec une arc que j’ouvre le bal, alors que Julien lui attaque par une fario aux jolis points rouges.

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

Les poissons s’enchainent, puis arrivés sur un joli poste avec un arbre surplombant la rivière, on tombe sur deux très belles farios. La première semble connaitre la musique et après un bon quart d’heure à la pêcher calmement, elle finit par disparaitre ! La seconde, postée un peu à l’amont de l’arbre, est dans peu d’eau et semble active…


Je lui présente mon fameux petit scarabée noir qui a fonctionné tout le long du séjour, et à son passage, elle monte dessus, et me le refuse…


Elle se replace, puis dévale à nouveau pour aller intercepter ma mouche ! Mais elle le refuse une nouvelle fois… Puis pris de colère, redévale à nouveau et se saisit doucement de mon scarabée !!! Et bien, celle-ci était vraiment indécise…


Super combat, et je finis par mettre à l’épuisette ce magnifique poisson !

Viva Patagonia!

Arrivé en début d’après-midi, on rentre à la maison pour casser la croute et faire une petite sieste car Gonzalo nous promet LE coup du soir pour notre dernière soirée !


Pour finir notre séjour, notre guide a gardé le meilleur pour la fin : une petite rivière serpentant au milieu des champs, au cœur d’une grande plaine…

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

Là, c’est de la pêche de sioux comme on l’aime ! Il faut progresser accroupi ou à 4 pates, afin d’être le plus discret possible… Et les premiers poissons ne se font pas attendre ! Et dire que ce n’est pas encore le coup du soir, juste une mise en jambe !

Viva Patagonia!
Viva Patagonia!

La pénombre arrive et les gobages aussi… La rivière est en ébullition !!! En général, je suis peu adepte des coups du soir, mais là, je dois avouer que je n’avais jamais vu ça ! Autant de poissons en activité au mètre carré.


Cette dernière heure de pêche est vraiment la cerise sur le gâteau de notre virée!


Gonzalo nous a vraiment gâté au cours de tout ce séjour… Entre les petits plats de Laura, les paysages de « sa » Patagonie, l’alternance des rivières, ses conseils, la beauté des poissons, etc…


On s’est vraiment senti, « comme à la maison », au sein de sa petite famille, et ils n’ont pas leur pareil pour vous mettre à l’aise, avec le sourire toujours au lèvres.
Vous l’aurez donc compris, je suis prêt à «signer » à nouveau, de suite!
Alors, si comme moi, vous aimez pêcher en vous « sentant seul au monde » au milieu de magnifiques paysages, avec des techniques fines comme la sèche ou la nymphe légère, des poissons magnifiques et ultra combatifs, il vous faudra penser à lui rendre visite…

Infos :


Décalage horaire : 4h


Monnaie : Peso, mais l’Euro est bien accepté


Esquel et Rico Pico font partie de la province du Chubut, une des 4 provinces formant la Patagonie


Matériel : Un ensemble pour soie de 5 ou 6 est parfait. Pour ma part, j’ai utilisé une 9.6’#6 sur le secteur d’Esquel et une 9’#5 pour Rio Pico.


Fil : rien en dessous du 16 centième ! La puissance des poissons est vraiment surprenante, et personnellement, après plusieurs casses en 16, où je n’ai rien pu faire j’ai pêché régulièrement en 20 centième.


Mouches : petites nymphes légères, comme en France. Les petites billes blanches et « chocolat » (marron) ont très bien fonctionné ! Pour les sèches, j’en ai surtout utilisé 4 : mon petit scarabée noir, le Kathy Beck Beetle, un stimulator qui a bien fonctionné, la Madam X et enfin, lorsque c’était plus compliqué, un petit parachute vert olive.


Si la destination vous intéresse ou pour de plus amples renseignements, veuillez contacter l’agence Planet Flyfishing.

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Published by chiroman
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